Démarche artistique
Dans mes créations, l’utilisation de l’image bidimensionnelle et de matières non conventionnelles ou désuètes est omniprésente. La présence de verre d’abribus cassé, de vieux billets de stationnement, de plaques d’acier rouillées, d’hameçons abîmés ou de boutons cassés, me permet de prolonger la vie de ces matières tout en leur accordant une raison d’être. C’est en quelque sorte l’idée de perpétuer l’existence de ces objets utilitaires, de marquer leur passage dans nos vies, de leur donner la chance d’y laisser leurs traces tout en conservant l’importance de leur charge historique, culturelle ou sentimentale. Cette récupération de matières usuelles vient aussi d’une volonté de débanaliser ce qu’on utilise tous les jours et qu’on ne voit plus, de souligner et de faire l’éloge d’objets de notre ère contemporaine, époque encourageant la surconsommation et la surproduction de biens souvent inutiles à nos besoins.
Par ailleurs, le contraste de matières est omniprésent dans mes pièces. La fragilité et l’éphémérité des graphiques coulées sous une résine limpide s’opposent à l’effet déconstruit et industriel des masses métalliques ou des pièces de béton. L’idée ici est de négliger la matière, la briser, la tordre ou la froisser évoquant le passage du temps sur le monde qui nous entoure. Cette distorsion faite à l’argent sterling vient aussi remettre en question l’idée que cette matière est noble et qu’elle doit être présentée